Le départ de Ward Hunt Island

septembre 9, 2015 dans post

7 août 2015, Resolute Bay

Le terrain touche déjà à sa fin. Notre sortie de WHI était prévue pour le 8 sur le planning de PCSP. Mais de la feuille de papier à la réalité du terrain, il y a un monde…surtout dans l’Arctique. Lors de l’appel radio du 6 août au matin avec Resolute (base de PCSP),  on nous annonce que les rotations des Twin Otters pour faire sortir les différents camps dispersés à travers le Haut arctique ont pris deux jours de retard en raison des conditions météo difficiles.  À  WH, mis à part une petite neige matinale qui a blanchi Walker Hill, les conditions sont, une fois n’est pas coutume, assez bonnes. À l’appel radio du soir, PCSP nous annonce que nous pourrions même sortir dès aujourd’hui, soit le 7 août, si les conditions calmes se maintiennent. Bonne nouvelle pour nous, mais on imagine la frustration des autres camps dont certains attendent leur tour depuis deux jours lorsqu’ils ont entendu le message radio…Mais le beau temps à WHI est rare, PCSP veut pas prendre le risque d’attendre! WHI est le site le plus difficile d’accès de tous les camps du Haut-Arctique. C’est le plus éloigné, 5h de vol, et les conditions météo sont souvent mauvaises et très changeantes. C’est déjà arrivé plusieurs fois que le Twin Otter ne puisse se poser sur l’ile en raison du brouillard. Dans ce cas, pas de choix; retour à Resolute ou Eureka… À 2000$ l’heure de vol, mieux vaut regarder les images satellites deux fois qu’une avant de partir.

Durant toute la journée du 6, nous avions anticipé un départ plus tôt que prévu en rapportant tout le matériel éparpillé un peu partout dans le bassin versant du lac WH. Nous avons réorganisé nos caisses, rangé et nettoyé le matériel. Le 7 au matin, l’appel radio de 7:30 confirme : c’est un GO pour les pilotes. Dans 5 h, ils seront là et tout devra être prêt pour embarquer au plus vite. D’ici là il faut fermer le camp. Personne ne reviendra avant l’été prochain. C’est le grand nettoyage des tentes où l’on a bien vécu pendant deux semaines. Nous remplissons les réserves de diesel pour le chauffage, brûlons nos derniers déchets et nettoyons le laboratoire… Daniel a fait des appels réguliers toute la matinée à PCSP pour des points météo précis. Ces précieuses informations sont ensuite relayées aux pilotes qui se dirigent vers nous. En fin de matinée,  la météo se maintient, des nappes de brouillard arrivent et repartent mais rien de très menaçant. Au dernier appel avec PCSP, Daniel, plus optimiste que jamais, lance : ‟il fait beau, c’est comme la Jamaïque ici, mais sans les palmiers”…

 

WHI-Twin

Embarquement dans le Twin Otter à Ward Hunt

A 1 h p.m., le stock est sur le bord de la piste et le camp est bien fermé, prêt à accueillir ceux qui l’ouvriront en juin (probablement nous!!!). On attend dans le silence, profitant une dernière fois de cette place exceptionnelle…2 h 15 p.m., on entend un vrombissement. Le Twin Otter arrive, traverse l’ile en passant au-dessus du lac. Il passe au-dessus du camp et tourne au-dessus de l’ice rise avant de s’enligner avec la courte piste d’atterrissage défoncée de WH.  Les Twin Otters sont des avions vraiment robustes, capables d’atterrir et de décoller presque partout. Dans une première vie, les deux Twins de PCSP ont servi pour le trafic de drogue en Colombie. De la jungle colombienne à l’arctique canadien, belle reconversion! L’avion s’arrête devant nous et notre tas de bagages. Les pilotes sortent, font quelques photos d’eux devant le paysage. On charge le twin. Quelques dernières photos, on embarque. Les pilotes se positionnent en bout de piste, plein gaz, byebye WHI.

WHI-2015

Survol de l’ile juste après le décollage

 

On contourne l’ile et très vite on arrive au-dessus d’Ellesmere avec ses glaciers et ses fjords. Le vol entre WH et Resolute c’est comme ouvrir un livre de géomorphologie glaciaire et périglaciaire. La face collée au hublot rayé du twin, l’appareil photo mitraille. Langues glaciaires, plaines d’épandage, deltas fluvio-glaciaires, polygones à coins de glace etc…tout y passe. Après Eureka, le brouillard accroche les montagnes. La visibilité se dégrade vite. La dernière demi-heure de vol se passe dans le brouillard complet. En Twin Otter, les pilotes naviguent surtout à vue, la phase d’approche est donc assez chaotique. On atterrit sans encombre. Il neige sur Resolute…

 

Départ imminent d’une équipe du Géocryolab pour Ward Hunt Island !

juillet 8, 2015 dans post

Le 21 juillet 2015, une équipe du Géocryolab composée de Daniel Fortier (directeur), Michel Paquette (candidat au doctorat) et Gautier Davesne (candidat au doctorat) s’envolera pour l’île Ward Hunt (Ile d’Ellesmere, Nunavut) afin d’y réaliser des travaux de terrain jusqu’au 8 août.

Depuis 2011, les travaux du Géocryolab sur ce site unique portent sur la morphologie des versants ainsi que sur le transfert de sédiments et d’énergie entre le bassin versant et le lac Ward Hunt (pour les détails consultez les projets de M. Paquette et M. Verpaelst). La campagne de terrain de l’été 2015 permettra de compléter les séries de données nécessaires aux travaux de M. Paquette et de débuter l’acquisition de données pour les projets de G. Davesne et F. Bouchard (post-doc).

Les objectifs principaux de ce terrain seront:

  1. de réaliser des profils géoradar sur les versants et les berges du lac, notamment dans des zones prédéterminées de delta lacustre, pour obtenir des images de la stratification du sous-sol;
  2. de réaliser des levées bathymétriques afin de cartographier à haute résolution et en 3D le fond du lac et la microtopographie de la partie immergée des deltas;
  3. de réaliser des carottages de sédiments lacustres dans les secteurs les plus profonds du lac afin de réaliser des datations des séquences sédimentaires à partir d’indicateurs physico-chimiques et (micro)biologiques;
  4. d’extraire des échantillons de sol sur les versants et les berges du lac par des forages afin d’étudier les propriétés physiques et géotechniques du sol (e.g. granulométrie, tassement au dégel);
  5. de poursuivre le suivi hydrologique et géochimique des « water tracks ».

Nous leur souhaitons un excellent terrain!

 

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L’île Ward Hunt en juillet 2012 (Photo: M. Paquette)

Michel Paquette a reçu une bourse PFSN pour ses travaux de terrain de l’été 2015

mai 4, 2015 dans post

Le programme de formation scientifique nordique (PFSN) a décerné une bourse à Michel Paquette afin de financer ses travaux de terrain dans le haut arctique canadien, à l’île Ward Hunt. Les travaux de cet été se concentreront sur le rôle qu’ont les sols en mosaïques pour la mobilisation et la séquestration de nutriments dans les eaux de surfaces et hypodermiques.

Bon terrain 2015 Michel!

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Michel sur le terrain à Ward Hunt à l’été 2013

 

Disparition rapide du couvert de glace sur le lac le plus nordique du Canada

mars 18, 2015 dans post

La reconstitution des archives scientifiques et l’analyse d’images satellitaires ont permis de constater la disparition complète du couvert de glace du lac Ward Hunt, le lac le plus au nord du Canada, lors des étés 2011 et 2012. Le lac était reconnu jusqu’à récemment pour maintenir un couvert de glace pérenne épais de plus de 3.5 m, et sa fonte soudaine est le fruit d’une série d’étés chauds ayant débutée en 2008. Les travaux de recherche de Michel Paquette ont permis de collecter les données et de déterminer les mécanismes de dégradation du couvert de glace, et font l’objet d’une publication dans Geophysical Research Letters. Les changements dans la phénologie des couverts de glace arctiques ont des conséquences très importantes pour les conditions limnologiques des lacs affectés, touchant autant le statut thermique que la chimie des eaux ainsi que la biologie.

 

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