Nunavummiut, Parcs Canada et Science

septembre 8, 2015 dans post

Le 22 Juin 2015, Ile Bylot, Nunavut

Vers la mi-juin 2015, nous avions eu vent sur l’ile que des visiteurs souhaitaient visiter le Camp des oies. Les gardes-parcs de Parcs Canada (Sirmilik) sont des visiteurs réguliers, nous nous connaissons de vue ou par nom après toutes ces années. Les gardes viennent une ou deux fois par année pour vérifier que tout se fait proprement, que tout le monde va bien et bref partager quelques cafés et biscuits aux pépites avec nous. On se partage les dernières nouvelles: observations de la faune, nouvelles régionales, la finale de hockey et l’évolution des différents projets.

Mais cette fois-ci un visiteur surprise se joindrait au personnel de Parcs Canada : un officiel du gouvernement du Nunavut. Il souhaitait voir le camp et ce que nous y faisions. C’est plutôt inhabituel mais pas exceptionnel. Le dernier officiel qui avait visité le camp (du moins quand j’y étais) remontais à 2009 ou 2010 – il souhaitait voir la forêt fossile quelque part sur un plateau qu’Alexandre Guertin était en train de caractériser.

camp 1

Figure 1: Tout est impeccable au camp des oies.  Juin 2015.

Intéressant – j’aime les surprises! Donc le jour venu, tout était impeccable au camp (comme d’habitude, Figure 1). Ils débarquèrent et visitèrent le camp avec Yannick Seyer et Dom Fauteux comme guides. Suivi d’une pause diner-biscuits-hockey-café. Notre invité spécial, M. Joe Enook, membre de l’Assemblée Législative du Nunavut (pour la région de Tununiq), avait entendu parler de ‘ravins et d’érosion du pergélisol’ et annonçait qu’il souhaitait les observer.

 

Peu après, nous sommes partis vers le ravin avec M. Enook et le personnel de Parc Canada. Une drôle de réflexion me traversa la tête : je pensais pratique et utile d’avoir un ravin tout près du camp – parfait pour les visiteurs – mais j’imagine que je dois être l’un des rares à trouver quelquechose de positif ‘d’avoir un ravin actif’ à côté d’une infrastructure. Question de contexte!

Visite du Ravin 2015

Figure 2: De gauche à droite: Yannick Sayer, Dominic Fauteux, M. Joe Enook et Etienne Godin devant le ravin. Le 22 Juin 2015.

Arrivés sur le site, M. Enook et Carey (de Parcs Canada) avaient bien entendu parler de cette forme d’érosion. Ils admettaient qu’en photo, décrit oralement, ou même en survol héliporté, ça ne  rends pas justice, qu’il faut le voir sur place (Figure 2) pour comprendre comment c’est grand, à quelle vitesse ça évolue, comment la toundra a changé suite au ravinement. Canaux d’écoulement, glissement rétrogressifs, effondrements, surfaces drainées et dénudées, l’assistance a bien réalisé qu’est-ce qui se produit lorsque les coins de glace dans le pergélisol sont dérangés. M.Enook, bien instruit sur la problématique des changements climatiques, nous rapportait que bien des gens de la communauté n’ont pas une bonne idée de la dynamique du pergélisol et des impacts possibles lorsqu’un déséquilibre survient (un ravin).Il allait en parler durant son émission de radio hebdomadaire!

Ceci me fait réaliser que malgré des efforts répétés de diffuser la science (vulgariser) de manière classique, soit à l’aide de kiosques, conférences, affiches, discussions avec la communauté, le pergélisol en dérangement est parfois difficile à saisir, à concrétiser. Je pense que cette fois-ci – avec M. Enook pour qui la communication est toute simple avec sa communauté – permettra de créer des ponts auxquels je n’avais pas réfléchi. À considérer pour le futur, que les gens de la communauté intéréssés par la science et qui sont de bons communicateurs sont parmi les meilleurs pour présenter les connaissances avec un angle qui sera à la fois intéressant et accessible pour ce type d’auditoire.

Dans tous les cas, merci pour votre visite !

Nouvel article dans ERL : Effects of thermo-erosion gullying on hydrologic flow networks, discharge and soil loss

octobre 27, 2014 dans Article, post

Une nouvelle contribution à propos de l’effet du ravinement de thermo-érosion sur l’intégrité du terrain et des implications sur l’hydrologie vient de paraitre dans une édition Focus d’ Environmental Research Letters.L’article s’intitule  Effects of thermo-erosion gullying on hydrologic flow networks, discharge and soil loss et a été préparé par Daniel Fortier, Stéphanie Coulombe et moi-même. Le numéro Focus on changing permafrost in a warming world: observation and implication porte sur l’évolution récente du pergélisol et des impacts liés à différentes échelles.

Il est disponible pour télécharger en open access.

 

Voici la référence :

Godin, E., Fortier, D., and Coulombe, S. 2014. Effects of thermo-erosion gullying on hydrologic flow networks, discharge and soil loss. Environmental Research Letters 9(10): 105010. doi: http://dx.doi.org/10.1088/1748-9326/9/10/105010.