par Davesne.G

Ward Hunt Island: à la recherche de l’eau potable…(Michel Paquette)

octobre 31, 2016 dans post par Davesne.G

MP

Photo: M. Verpaelst

L’été vient parfois tardivement dans le grand nord aussi. Sur la photo, Michel Paquette profite de la fonte de la glace sur la rive du lac Ward Hunt (83.05° N) afin de récolter de l’eau potable pour le camp. La photo date du 26 juin 2013, soit presqu’un mois depuis l’arrivée de Michel et de Manuel Verpaelst sur l’île. Marcher 5-10 minutes pour aller chercher de l’eau fait partie des tâches typiques qui accompagnent la vie de camp, mais qui permettent également de décrocher un peu du travail. La photo est orientée vers le sud, et le soleil est alors à son zénith, éclairant les bas sommets de la Péninsule de Marvin, sur l’île d’Ellesmere.

par Davesne.G

Glace massive à Cape Marre-Sale, Yamal Peninsula, Russie (Daniel Fortier)

octobre 28, 2016 dans post par Davesne.G

Daniel

Cape Marre-Sale, Yamal Peninsula, Russia. Mike Angelopoulos, Daniel Fortier, E. Godin and Mark T. Jorgenson. (Photo: Eva Stephani)

L’origine de la glace massive dans le pergélisol est importante pour comprendre comment le paysage a évolué dans le passée et continue à évoluer aujourd’hui, notamment en réponses aux changements climatiques. Des membres du Géocryolab ont collaboré avec d’autres chercheurs pour comprendre l’origine de la glace massive exposée à Cape Marre-Sale. L’hypothèse proposée est que cette glace est principalement de la glace de glacier enfouie.

Pour plus d’information: Fortier et al. 2012. Origin of massive ice at Cape Marre-Sale, Yamal Peninsula, Siberia, Russia: contrasting views: https://www.researchgate.net/publication/269710232_Origin_of_massive_ice_at_Cape_Marre-Sale_Yamal_Peninsula_Siberia_Russia_contrasting_views

par Davesne.G

«Guerre froide» à Potsdam, Juin 2016 (Vilmantas Prėskienis)

octobre 26, 2016 dans Article, post par Davesne.G

Rappelez-vous ces jours où l’URSS et les Etats-Unis étaient les deux puissances concurrentes, et l’Europe avec la Chine étaient juste des petits joueurs à côté? Non? Moi non plus, je suis trop jeune, mais mon voyage à Potsdam en juin dernier m’a rappelé ça. C’était le 11eme ICOP (Conférence internationale sur le pergélisol), où près de la moitié des participants étaient de la Russie, une autre partie de l’Alaska (et quelques autres États), puis de petits groupes de chercheurs et étudiants d’autres « pays satellites », comme le Canada, la Chine, la Suède, l’Allemagne, le Royaume-Uni, etc. La guerre froide (ou guerre pour le froid) qui s’est déroulée pendant une semaine à Potsdam fait rage depuis bien longtemps !

Ma cocarde ne portait que mon nom exotique et l’indication que je suis du Canada. Ça m’a permis d’être un espion parfait pour… je ne sais même pas pour qui encore. Les Alaskains (et leurs collègues d’autres Etats) étaient plus méfiants sur ma présence, puisque tout le monde devrait comprendre l’anglais, comme elle était la langue de la conférence; mais je suis parvenu à récupérer secrètement des informations des Russes, Français, Suédois et Allemands, qui ne se doutaient pas que je pourrais saisir quelques mots dans leur langue.

Globalement, ce fut une conférence magnifique, où chaque nouveau jour a apporté beaucoup d’excellentes idées, et m’a appris plus qu’un semestre de cours à l’université. J’ai rencontré mes vieux amis et fait des nouvelles connaissances, et finalement je me suis rendu compte une nouvelle fois que d’avoir des belles photos sur son affiche n’est jamais une mauvaise idée !

Vilmantas

Vilmantas devant son affiche à l’ICOP à Potsdam

 

par Sliger.M

Yukon – ‘Road Icing’ (Michel Sliger)

octobre 25, 2016 dans post par Sliger.M

Habituellement connus sous le nom de road icing (Figure 1), les glaçages routiers sont particulièrement problématiques dans les zones montagneuses de l’ouest canadien car l’accumulation du dôme de glace sur la voie s’effectue de manière catastrophique (1-3 jours). Au printemps, l’eau de fonte des parois exposées au soleil se refroidit le long des versants toujours glacés pour aller regeler en bas au bris de pente. Ce phénomène est particulièrement intéressant au moment de comprendre le lien entre l’hydrologie de surface et la qualité du pergélisol.

icing

Figure 1: « Road Icing » – Crédits, Kate Grandmont

par Davesne.G

Carottes de sédiments lacustres du lac Ward Hunt (Nunavut) prélevées durant la campagne d’été 2016 (F. Bouchard et G. Davesne)

octobre 24, 2016 dans post par Davesne.G

1. WHL cores 2016 (2016-10-18)

Cette figure montre des images obtenues à l’aide du ‘CT-scan’ (Computed Tomography Scanner), un scanneur non-destructif semblable aux appareils utilisés dans les hôpitaux. Les tons de gris varient en fonction de la densité des matériaux traversés par les rayons-X du scanner : les tons foncés représentent des matériaux moins denses (ex : matière organique, eau, air), et inversement pour les tons plus clairs (cailloux, sédiments minéraux). Les carottes 1 et 2 ont été récoltées dans une partie profonde du lac (~ 8-10 m), pauvre en oxygène (anoxique). Elles contiennent une épaisse couche de tapis de cyanobactéries en surface. Les carottes 3 et 4 ont été prélevées dans une partie moins profonde du lac (< 5 m), bien oxygénée, et elles ne contiennent pas de tapis de cyanobactéries.

Le scan a été réalisé plus tôt cet automne aux labos lourds de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), qui collabore avec le Geocryolab.

par Davesne.G

Le mont Jacques-Cartier, un site remarquable pour le suivi de l’évolution du pergélisol alpin dans l’est de l’Amérique (Gautier Davesne)

octobre 20, 2016 dans focus, post par Davesne.G

Les premières études sur le pergélisol alpin du massif des Chic-Chocs ont été réalisées à la fin des années 1970 par Gray et Brown qui ont mis en évidence les similitudes entre l’environnement périglaciaire des hauts plateaux des Chic-Chocs et ceux rencontrés dans les régions arctiques. À partir de ce constat, Gray et Brown ont émis l’hypothèse que des ilots de pergélisol étaient probablement présents sur les plus hauts plateaux du massif, notamment sur le mont Jacques-Cartier et le mont Albert. Pour valider cette hypothèse, un programme d’instrumentation a été mis en place en septembre 1977 (fig. 1), consistant à réaliser un forage de 29 m au sommet du mont Jacques-Cartier et de l’équiper d’un câble de 23 thermistances qui mesurent la température du sol à différentes profondeurs (Gray et Brown, 1979). Avec une série longue de 36 ans de données de température du sol (1979-2014) fournie par le forage, le mont Jacques-Cartier est le site disposant de l’un des plus longs suivis thermiques de pergélisol en Amérique du nord. Cet îlot de pergélisol alpin marginal, le plus au sud du Canada, est très près du dégel. Il est donc extrêmement sensible aux moindres fluctuations climatiques et réagit très rapidement aux forçages climatiques du fait de la forte conductivité thermique de la roche dans laquelle il se trouve (Gray et al., 2009; 2016). Les données thermiques extraites du forage sont donc d’une grande richesse pour détecter les réponses du pergélisol aux changements climatiques, ainsi que comprendre le comportement du pergélisol en dégradation et les conséquences sur le géosystème alpin des Chic-Chocs.

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Figure 1: Opération de forage au sommet du mont Jacques-Cartier en septembre 1977 (Photo: James Gray)

Gray, J.T. et Brown, R. J. E. (1979). Permafrost existence and distribution in the Chic-Chocs Mountains, Gaspésie, Québec. Géographie physique du Quaternaire, 33(3-4), 299-316.

Gray, J.T., Godin, E., Masse, J. et Fortier, D. (2009). Trois décennies d’observation des fluctuations du régime thermique du pergélisol dans le parc national de la Gaspésie. Le Naturaliste Canadien, 133(3), 69-77.

Gray, J., Davesne, G., Fortier, D., and Godin, E. (2016) The Thermal Regime of Mountain Permafrost at the Summit of Mont Jacques-Cartier in the Gaspé Peninsula, Québec, Canada: A 37 Year Record of Fluctuations showing an Overall Warming Trend. Permafrost and Periglacial  Processes, doi: 10.1002/ppp.1903

par Davesne.G

GEOCRYOSPHERE V1.0 (Michel Sliger)

octobre 17, 2016 dans post par Davesne.G

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Photo des travaux expérimentaux réalisés par Michel Sliger dans le cadre du cours Environnement Arctique/Alpin donné par Daniel Fortier. Il s’agit d’un banc d’essai servant à simuler le dégel du sol lorsque celui-ci est influencé par un écoulement à sa surface. Le contrôle des paramètres expérimentaux, même à un niveau rudimentaire, a été un défi de taille. Ici, la température hivernale à l’extérieur (autour de -10°C) devait servir à garder le sol gelé. L’eau dans la réserve était conditionnée à 25°C et le débit « goutte à goutte » était mis en place à l’aide d’une pince ajustable sur un boyau flexible. Les premiers essais ont servi à ajuster le protocole : l’eau ne s’est jamais rendue au banc d’essai car sa basse vitesse dans le tube non-isolé l’avait laissé geler. L’installation d’une gaine isolante aura permis à l’eau de circuler, mais dans un état de surfusion. En conséquence, elle gelait directement au contact de la surface (plutôt que d’en provoquer le dégel). C’est donc l’apparition d’un « icing » qui avait été simulée. Enfin, il aura fallu déménager l’installation dans l’entre-porte, où il était possible de moduler la température de l’environnement… en laissant la porte extérieure entrouverte. De la sorte, l’expérience a permis de générer de bons résultats, en phase avec la démarche qui avait été planifiée. En continuité avec cette expérience, le Geocryolab devra prochainement amorcer le développement d’une quatrième version de la Géocryosphère. Les détails de sa progression suivront, « stay tuned »!